J'entends l'écorce craquer
Éphé#mer

Bodenansichten

(…) A travers ces sujets à l’apparente simplicité, Barbara Schroeder tente de saisir les métamorphoses du vivant en faisant apparaître les états successifs d’un paysage, ou d’un végétal. Elle capture les climats des espaces, les reflets changeants, la germination, la floraison, l’éclosion.

Sans se soucier d’une figuration mimétique, son travail est en prise avec les éléments dont la terre est la matrice originelle : « Je suis plus proche de la terre que du ciel. Je m’interroge sur le sol que frôlent mes pieds » confie-t-elle.

Dans ce désir de révéler au spectateur les identités mouvantes de ces modèles, l’artiste procède par jeux de séries et de polyptyques. Une répétition inventive du geste et d’une même figure s’installe : « C’est la même intention toujours différente. » B.Schroeder.

Au fil de ses toiles surgissent des formes parfois identifiables (celle d’un plan d’eau, la feuille d’un chou), mais aussitôt ces dernières nous échappent, perturbées par des coulures, des éclaboussures, des lignes agitées. Les mouvements fluides des pigments se sédimentent, laissant transparaître une vie secrète. Cernés par des fonds opaques et laiteux, les motifs malmenés réaffirment leurs silhouettes.

Pour Barbara Schroeder, il n’y a pas de frontière entre le figuratif et le non figuratif. « Chaque tableau est le paysage d’un instant ». Chaque œuvre fait partie d’un tout dont l’unité naît du multiple. L’éphémère devient un temps tangible, où se conjugue le passé, le présent et le futur. Temps qui pourrait s’apparenter à ce que les aborigènes nomment le Dreamtime.(…)

Cécile Berthereau
Centre d’Art du Bois fleuri, Lormont, 2017

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